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| | La tour des anges [Privé] | |
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Gabrielle Volaille intrigante


  Age : 22 Inscrit le : 11 Déc 2007 Messages : 218 Localisation : Ecoutez le chant des 6 reines... Feuille de personnage ! Présentation:
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 | Sujet: Re: La tour des anges [Privé] Dim 30 Mar - 20:56 | |
| Chapitre 14 : La théorie des humeurs
Le cocon de lianes vertes et sombres commençait à perdre progressivement de sa superbe en passant par toutes les couleurs de l’arc en ciel végétal ; de l’été flamboyant à l’hiver décevant, la prison végétative se desséchait à vue d’œil. Gabrielle se libérait enfin échevelée de ce cimetière déshydraté, les cordes pâles s’écartant comme la noire peste de sa peau rose aux gouttes de rosées. Le cocon en l’air devenait palmier.
-« L’organisme d’une plante est composée à majorité d’eau… »
De grosse gouttes coulaient sur la peau vampire de l’archange, alors que celle si repoussant une dernière liane, quitta l’arbre-racine pour venir se poser délicatement sur le sol.
-« Et moi qui avais une si grande soif !»
Derrière elle, le combat des titans se terminait dans une flaque de boue ; Léviathan l’esprit démoniaque de l’eau et Cerbérus le géant de terre à égale puissance, ne ressemblaient plus à rien du tout. Déjà ce monticule de terre mouillé, dans son dos commençait à faire son gros pâté.
Uriel tourna une page de son livre sans images et récitât.
-« Quatre éléments sous le ciel, firent de certains anges des merveilles… D’après la théorie des humeurs du sage Hippocrate, nous sommes les biens nés des éléments hypocrites… »
Gabrielle mit le revers de sa main en face de son visage.
-« Mince, je crois que je me suis cassé un ongle ! »
Imperturbable, Uriel continuait sa lecture.
-« L’eau et le feu sont contraire, l’air qui se commence là où termine la terre, sont les extrêmes d’un cercle fol, où par deux ils se font face.
Elle laissait courir sur son corps ses mains froides.
-« Et ma belle robe qui est toute froissée… »
Egal à lui-même.
-« L’équilibre d’un élément repose donc sur ses voisins de cercle ! »
Agacée elle finit par lui lancer, fort à propos.
-« Vous pourriez au moins lever la tête de vos bouquins quand je vous parle de choses importantes qui me concernent ! »
Uriel la regardait maintenant d’un sourire mature, puis dans un claquement bref son livre se ferma, déclenchant une onde sismique de nature qui ébranla gentiment toute la tour. Gabrielle qui avait à peine posé son pied sur le dallage, fut projetée malgré elle dans le tas de boue qui terminait la salle. Elle vociféra.
-« Uriel, espèce de pervers, si vous vouliez un combat d’archange à demi nue dans la boue, il fallait me le dir… »
Une main sans arme s’offrait à elle, aussitôt elle se calma en relevant la tête ; Uriel magnifique et le sourire à la lèvre terminait.
-« Ce duel ne peut pas avoir de fin, accepteriez vous une égalité ? »
Elle passa une main gauche marécageuse dans sa chevelure désordonnée et bouclée, comme une petite paysanne assise sur le fumier d’un cochon qui se ferait relever par un prince charmant. Elle lui souriait bêtement, son parfum était alors impuissant, écrasé par la vase des deux éléments ; puis lui tendit une main presque vierge de toute souillures à la main engageante. Mais au lieu de se servir du bras d’Uriel pour se redresser, elle s’agrippa à lui, et le fit chuter avec elle dans la fange.
*Bruit de toussotement*
-« Bon… Maintenant j’accepte votre égalité ! »
Elle ne put garder son sérieux plus longtemps, et ils éclatèrent de rire comme des gamins malpropres.
(Dans les profondeurs de la tour, secouée par ce combat, un ange dormant se met à bouger de son sommeil magique qui se voulait immobile...) _________________ Fiche de perso'nage Fiche technique |
|  | | Gabrielle Volaille intrigante


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 | Sujet: Re: La tour des anges [Privé] Mar 8 Avr - 14:20 | |
| Chapitre 15 : L’écho de la vérité
Après que la pièce eut reprise sa taille initiale, les traces boueuse, aqueuse, végétale et sismique du combat effacées, la table au milieu et ses quatre chaises particulaires retrouvèrent leurs places. Gabrielle faisait une toilette sommaire dans ses vêtements négligés, à partir d’un léger filet d’eau qui lui courait entre les doigts ; Uriel de vouloir la pareille, se prit comme réponse mouillée, une trombe d’eau puissante qui ne manqua pas de le faire décoller.
-« Hum… puisque ce duel se solde sur une égalité, je ne suis pas convaincu de l’utilité de vous demander une vérité absolue. »
Gabrielle regardait Uriel, trempé jusqu’à l’os par ses soins avant de lui répondre, droit dans les yeux.
-« Si vous êtes un con…vaincu, je me voit mal en effet jouer avec vous au jeu de l’écho de la vérité. »
Elle déplissa les yeux, mais celui-ci de répondre.
-« Je suis quand même un gentlem-ange, je vous laisse donc me poser une question. »
L’archange de la terre se tenait à nouveau galamment devant elle, elle n’eut pas à réfléchir longtemps.
- « Et bien, par simple curiosité, écho de la vérité, je voudrais savoir "Qu'est-il advenu de Mnémosine ?"
-"Un certain Aiuran est arrivé en son nom sur cette partie du monde... Et peut-être plus près de vous que vous ne le croyez"
Devant la mine un peu perplexe de Gabrielle, il s’empressa de rajouter.
-« Je ne suis pas sur que ma réponse vous éclaire beaucoup, vous êtes songeuse ? »
*Aiuran, je n’ai pas souvenance d’avoir déjà couché avec lui !*
Puis brusquement interrompue dans ses palabres vespérales et végétatives.
-« Non, je ne connais aucun Aiuran, à ma connaissance… Je chercherais… »
Le juge surpris quand même un petit sourire coquin.
-« A vous maintenant, si le cœur vous en dit. »
Uriel ne voulait plus la forcer sur le sujet d’Adiel, où il voyait qu’il la gênait, aussi bien posa t’il une question plus capitale pour la suite de l’histoire.
-« Et bien, écho de la vérité, je me suis toujours demandé qu’elles étaient vos mensurations exactes ! »
Nouvelle trombe d’eau qui le fit décoller au plafond.
-« Une autre question ! »
Uriel voletant du plafond au sol, déployant ses magnifiques ailes dorées en métal.
-« Quel sont alors vos plans concernant la destination du planétérin ! »
L’astromancienne ne parut pas surprise par la brutalité de cette question, il était normal qu’au planétérin, beaucoup de rumeur la concernant circulent.
-« Dans peu de temps, notre cité céleste fera voile vers la capitale de cette région, que l’on appelle Tyllen ! »
L’archange qui avait en charge les armées céleste, autrement dit Gabrielle en l’absence de son jumeau de frère l’archange du feu, pouvait quand bon lui semble déplacer leur base milit-aile, parfois dans des intentions plutôt… militaires.
-« Et quelles sont vous intentions pour cette ville ? »
Elle fit venir à elle ses cartes de tarot, qui s’assemblèrent à nouveau en un éventail flambant neuf et flamand.
-« Cela mon cher, c’est une autre question ! »
Ils se regardèrent d’un regard.
*Pourquoi me demande-t-elle des informations sur son ancienne rivale !*
*Mais que diable voulait t’il faire de mes mensurations !*
*Notre duel n’est pas terminé !*
Petit mouvement d’éventail bien placé, et Gabrielle quitta la pièce avec un baisé.
[HRP : suivre Gabrielle dans "la clairière en cendre", au niveau de la forêt enchantée]  _________________ Fiche de perso'nage Fiche technique |
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 | Sujet: Re: La tour des anges [Privé] Ven 9 Mai - 20:22 | |
| Chapitre 18 : les liens du sang
Il faisait nuit noir autour d’elle lorsque la belle élémentaire entre les nuages perlés transperçait de sa vision aqueuse les tours proches de la cité céleste. Ses pensées étaient toutes tournées vers son frère, l’archange du feu prisonnier de son allié sombre et vert.
*L’ange du silence, autant de bruits qui me rappellent ma plus grande faute…*
Elle pensait délicatement à demain, dans la fraicheur d’un vent hautain, elle salua d’une main illusoire les deux anges gardiens qui partageaient son seuil. Gravissant un à un les marches de l’escalier, et se rendit au sommet dans ses appartements de lune, pour brièvement se faire changer sa robe bleuté en un très léger négligé par sa servante quelque peu réveillée.
-« Tu peux disposer Océane, ta présence ne m’a que trop durée! »
La servante au poignet faible quitta la pièce sans un regard ni un mot. Gabrielle assise dans une position qu’il n’est pas décent ici de rapporter, dans son lit en baldaquin éclairé par l’astre d’argent, faisait à voix haute une étrange requête.
-« Où sont donc passé mes anges gémellaires ! »
Elle soupira, comme elle le faisait souvent lorsqu’elle était seule et qu’elle se sentait abandonnée, mais bien mal à qui le lui ferait remarquer. -« Nés de l’eau et du feu, l’un est comme l’air, évanescent à mes langueurs, l’autre vilain reste caché, encore trop relié à la terre et à mon cœur… »
Ses deux bras entièrement dénudés enserraient à la verticale et en hauteur, l’un des piliers de bois qui tenait le ciel carré.
-« Ce sont mes fils… d’Ariane, abandonnée sur une ile en pleine mère… »
Un de ses membres toucha le collier serpentaire, seul ornement de sa nuit solitaire.
-« Que les dragons se réveillent, d’argent et d’encre répondez à mon appel ! »
Autour de la prophétesse, des volutes aux couleurs changeantes, forçaient le tableau de la nuit. Ses yeux se révulsèrent en une troisième pleine lune.
-« Libérez l’entrave de votre porteur, insinuez vous lentement dans leurs cœurs, je veux qu’ils me reviennent ! »
Après son incantation lâchée dans un râle sibyllin, la jeune femme en négligé, ses ailes de nacres à demi posés en total impudeur sur les draps à peines froissés, remplissait la pièce d’une terrifiante odeur, qui n’avait plus rien à voir avec son parfum chargé.
Une vision lui vient, elle se trouvait maintenant dans une église en face de cinq drôles d’oiseaux. Et derrière le masque de l’un d’eux, les bras croisés et virils qu’elle reconnaitrait entre milles, son regard transposé cligna de surprise qu’elle en faillit perdre la claire représentation.
-« Mais que fait donc Lertène dans ce groupe d’histrions ! » _________________ Fiche de perso'nage Fiche technique |
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 | Sujet: Re: La tour des anges [Privé] Jeu 12 Juin - 12:10 | |
| Chapitre 19 : Le non-rêve
Allongée sur son lit de satin, l’ombre de la lune disputant avec la beauté de son corps dénudé, Gabrielle une main vierge posé contre son cœur, s’agitait dans une transe onirique inhabituelle. Elle avait quitté bien trop tôt sa vision dans l’Eglise, une douleur double et projetée dans son dos avait eut raison de toute la fatigue emmagasinée dans la journée… Son duel contre l’archange Uriel, la visite inattendue de l’ange de la mort Azraël, le défi porté au roi orange Meecztow, son annonciation à la gardienne de la forêt enchantée Alia’ane. Autant de visages qui se confondaient dans la nuée arbitraire de ses limbes nouveaux, qui l’enserraient avec grande peur dans ce drôle de berceau.
Une petite fille aux cheveux blonds et bouclés, tenait contre elle une poupée de coton, seule elle se promène avec circonspection dans l’univers étrange qui l’entourait.
*Suis-je dans un rêve ?*
Elle se trouvait dans une grande serre végétale, immense dont elle ne pouvait qu’imaginer les bords en verre blanc et dépolis qui donnaient à ce lieu magnifique une fausse impression de liberté. L’enfant allait d’un endroit à l’autre, d’une fleur aux arbres centenaires, des boutons de roses aux herbes raffinés, elle paraissait de plus en plus ravie de ce rêve improvisé qui longtemps lui avait manqué. Quand soudain au décours d’un sentier, une jeune elfe sortit de l’ombre d’un chêne. Gabrielle prit peur sur le coup, mais la jeune femme accroupie à sa hauteur maintenant, lui gratifia d’un sourire à la fois triste et sans condition.
-« Fait bien attention à toi jolie enfant, cette serre n’est pas sûre pour quelqu’un de ton âge… »
Elle lui caressait la joue, puis soudain comme prise d’un doute et lui redressa la lèvre supérieure à la recherche d’une canine plus pointue que la normale. Gabrielle n’était pas une poupée, aussi elle se dégageât de l’inconnue habillée légèrement, ses yeux distraits un moment par un bijou qui pendait sur son ventre. La jeune femme eut à nouveau un sourire triste, puis elle disparut.
Après quelques minutes immortelles et intemporelles, Gabrielle qui appuyait avec peine sur ses petits membres pour fuir la belle inconnue se retrouva au beau milieu d’un champ de culture. Elle s’approcha d’un petit écriteau où on pouvait lire.
Nom commun : carotte. Nom scientifique : Daucus carota Famille : apiacées
Tout à coup, sa peluche se mit à lui parler.
-« Cueilles moi une carotte Gabby, j’ai très faim… »
Gabrielle regardait son petit lapin en peluche, mais celui-ci ne bougeait pas, la voix semblait venir à l’intérieur de sa tête, comme par télépathie.
- « On dit cueilles moi une Daucus carota, et on n’oublis pas le mot magique lapinou !»
-« S’il te plait Gabby, j’ai très faim… »
Gabrielle posa son lapinou sur la terre, et commença à tirer sur les phanes du légume particulier.
-« Dépêches toi, où sinon c’est toi que je vais finir par manger.. »
L’enfant tira de plus belle, une goutte de sueur sur son front coulait, quand soudain une grosse ombre vient couvrir son effort de jardinage. Elle leva ses petits yeux bleu-vert pour découvrir au dessus d’elle un homme immense à la peau mate qui tenait une grande faucille à la main.
-« Je te tiens, petite voleuse de carottes, le jugement sacré des dieux m’autorise maintenant à appliquer ma sentence. »
Un aboiement derrière se fit entendre, Gabrielle poussa un cri très aigue qui eut pour don de faire lâcher sa faucille au fermier, et lui faire mettre ses deux mains à ses tempes grisonnantes. L’enfant se redressa sur ses petites pattes, et s’enfuit de nouveau loin de son bourreau. Elle passa devant son lapin en peluche.
-« Méchante fille, je vais te manger toute crue… »
Elle ne s’arrêta pas pour le ramasser, tellement qu’elle avait peur. Elle entendit derrière elle l’ordre du paysan.
- « Va donc Cerbérus, attrape moi cette sale voleuse de carotte ! »
Les bruits du chien lancé à ses trousses, Gabrielle ne semblait plus s’arrêter de courir, coursée par une menace constamment invisible, mais qui elle en était certaine, pourrait planter ses crocs dans ses mollets si elle faiblissait. Entres les arbres de couleurs, elle finit par entrer dans une clairière, ou un homme seul semblant sortir de nulle part, fixait avec contemplation un jeu d’échec. Relevant brusquement sa tête de sa partie, il déclara.
-« Et bien voilà enfin mon adversaire, je commençais à trouver le temps long… »
Gabrielle s’arrêtât pour reprendre son souffle avant de débiter.
-« S’il vous plait monsieur, je suis poursuivie par un méchant chien ! »
-« Un chien, mais quel chien ? »
En effet les bruits du meilleur ami de l’homme qui ne quittaient plus sa tête, disparurent instantanément aux mots rassurant du joueur d’échec, comme si le seul fait de penser d'être poursuivie, alimentait sa propre psychose. La rêveuse se posa alors, prêt du jeu intrigant dont elle connaissait toutes les règles.
-« Mon frère aime bien ce jeu, c’est lui qui m’a apprit à jouer, il s’appelle Feyde et je l’aime très fort.
-« Un petit frère, mais où vois tu un petit frère ? »
L’homme avait un étrange bijou sur son front, Gabrielle qui n’avait plus sa peluche pour elle, avait grande envie de le toucher.
-« C’est quoi monsieur le bijou que vous portez sur votre front ? »
-« Un bijou, mais de quel bijou parles tu ?
L’homme restait concentré sur la partie d’échec, dans laquelle Gabrielle avait par politesse et curiosité ajouté quelques coups. Il était inquiétant à sa façon de lui répondre, aussitôt elle se releva, lui fit une petite révérence ridicule et se congédia elle-même.
-« Tu ne veux pas terminer la partie avec moi ? Pas grave, j’attendrais qu’un autre adversaire vienne le faire pour moi… Mon grand père est fermier dans le coin, il faudra que je lui demande un jour… »
Gabrielle se remit à courir, ne cherchait plus à entendre les paroles du joueur étrange. Après quelques temps, elle se retrouva devant une petite serre, dans la serre immense qu’elle parcourait depuis des heures. L’ouvrage était soigné, comme peint de la veille, d’une blancheur immaculée. L’enfant entra, et au milieu de la serre minuscule il y avait une jolie cage en fer blanc. S’approchant encore, dans la petite cage, on pouvait voir un magnifique papillon, avec pleins de couleurs, qu’il était difficile pour Gabrielle de toutes les compter. Elle posa ses petites mains sur les rebords de la cage, les yeux comme hypnotisés par les battements de l’insecte, qui ne semblait lui dire qu’une seule chose.
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|  | | Gabrielle Volaille intrigante


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 | Sujet: Re: La tour des anges [Privé] Jeu 19 Juin - 21:01 | |
| Chapitre 20 : Les spectres et le papillon
Gabrielle regardait avec avidité le beau papillon aux reflets irisés et changeants, alors qu’elle essayait de ses petits doigts agiles et boudinés, d’attraper de l’extérieur curieux ces appendices merveilleux pour une enfant, au travers des barreaux de fer blanc geôlier de l’insecte, qui lui garantissaient néanmoins une sureté face à l’empressement de la petite exploratrice. Celle-ci cependant s’arrêtât, lorsque dans la serre miniature autour d’elle, une présence et un mouvement transparent la prit comme à la gorge, l’englobant totalement. En fait-il s’agissait d’une ombre ou d’un spectre prévenant, qui ignorait l’archange rêveuse, et qui la transperçait pour se diriger vers la cage-papillon. Gabrielle s’écartât donc de ce contact trop intime et effrayant, et qu’elle ne fût pas sa surprise de voir comme le fantôme d’une belle ange, qui s’affairait autour de la prison qu’elle n’arrivait pas à ouvrir faute de passe-partout. Elle avait des cheveux argentés et était très belle, on voyait le papillon aux travers des mouvements sa robe translucide, et à son poignet droit un curieux bandage protégeait son articulation, une clé petite et belle brillait dans sa main fine. Gabrielle était jalouse des formes de l’ange adulte qui tournait amoureusement autour du petit papillon, elle qui était si petite ne pouvait pas libérer le bel insecte ; après avoir dansé autour de la cage, la femme ange telle l’océan, enserrât la petite porte en fer blanc, et libérât l’écume d’un mouvement de sa petite clé volée, livrant des bulles d’ailes et d’éphémères beautés. Le petit papillon tournoya un instant autour de la belle jeune femme, puis s’éloigna de la serre et d’elle, passa tout prêt de Gabby qui essaya de l’intercepter en vol, sans succès, pour finir sa course au niveau de la main masculine cette fois d’un autre spectre qui avait fait son apparition à l’entrée de la serre. C’était un jeune elfe blond, il sourit devant la belle engeance qui lui faisait les faveurs qu’il privait des deux femmes de la pièce étouffante. Il rigolait, le papillon aux larges ailes déployées sur son nez le chatouillait, et Gabrielle avait envie de pleurer à les voir ensembles, elle comprenait et sentait toute la solitude accumulée entre les différents tableaux qu’elle avait traversée dans ce rêve conduit par une main si familière… *Adiel…*
Une main invisible justement se posa sur son épaule, c’était celle de la femme ange qui partageant sa peine de voir le beau papillon qu’elle avait libérée, flirter en rêve avec le spectre masculin.
-« Ne vous en faites pas maîtresse, je vous trouverais un autre papillon avec lequel vous pourrez jouez… »
Gabby fronçât les sourcils comme une petite fille têtue et contrariée.
-« Je ne veux pas d’autres papillons, je veux celui là ! »
Elle pointât son petit doigt en direction du couple contraire à la nature.
-« Maîtresse soyez raisonnable… »
-« C’est pour les adultes la raison, et je ne veux plus être grande ! »
-« Maîtresse réveillez-vous ! »
-« Quoi encore ? »
Gabrielle ouvrit ses yeux bleu-vert sur sa chambre, il était le matin aux fenêtres constamment ouvertes, prêt d’elle sa servante Océane assise à moitié sur le lit en baldaquin lui secouait les deux épaules comme pour un réveil musclé tout en douceur… Voyant les deux grandes orbites ouvertes de l’archange qui lui lançait des éclairs, murènes prête à fondre sur sa proie insouciante et imprudente de la réveiller ainsi ; Océane qui avait fait un effort sur elle-même pour la lever de cette façon, se redressa à la verticale pour quitta l’oraison des draps et d’ajouter sûre de sa bonne foi.
-« Vous avez insisté pour être réveillée sans fautes à l’aube, comme vous ne répondiez pas à mes appels, j’ai dut employer d’autres moyens… »
Gabrielle grogna, à cet instant on aurait put la voir ronchonner comme une adolescente qui s’en retournerait s’enfouir dans sa grotte de dessous de lit. Cependant, contre mauvaise grâce, elle s’étira, féline hors de son domaine contre l’oubli de la nuit et la langueur du soleil coquin sur sa peau de nacre.
-« Je faisais un rêve merveilleux… »
Mentit-elle. _________________ Fiche de perso'nage Fiche technique |
|  | | Océane Servante Marine


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 | Sujet: Re: La tour des anges [Privé] Mer 25 Juin - 14:54 | |
| Océane pénétra dans les appartements de Gabrielle d'une démarche flottante. Vêtue de velours mauve aux dentelures blanches elle toqua à la porte de sa maîtresse. Sa coiffe de servante se terminait par un chignon traditionnel. Elle avait mis une demi-heure pour que ses cheveux soient parfaits. Elle frappa avec insistance. Gabrielle aurait du l'entendre?... Elle toussota. Calme plat. S'assurant que personne ne regardait, elle donna un coup qui fit échos aux appartements de Gabrielle. Silence lancinant. Océane perdit patience et se permit d'entrer. C'est avec une certaine consternation que la Séraphine découvra Gabrielle dans son lit, endormie d'une manière peu charmante. Sa maitresse ronflait, un filet de bave au coin des lèvres. Océane ouvrit les rideaux. La lumière inonda la pièce aux atours royaux. Gabrielle avait du goût, mais continuait sa sieste grossière. Quelque peu agacée, Océane rumina :
- Maîtresse. Maîtresse...!
Gabrielle pionçait comme une enfant. Océane haussa le ton.
-Maîtresse!...
Devant cette femme qui jouait La Belle aux Bois Dormants à merveille, Océane fronça les sourcils. Elle s'assit sur son lit défait. Gabrielle avait le sommeil agité parfois. Soupirant, elle lui pinça le nez délicatement. Sa maîtresse poussa un râle mécontent et lui flanqua une baigne.
- Papillon!...
Océane porta sa main à sa joue endolorie.
"Papillon?!... A croire qu'elle a consommé des produits illicites!... Qu'ais-je fait pour mériter une supérieure pareille!?... Enfin, c'est moi qui l'ai souhaité. Je ne dois pas me plaindre. Je dois la réveiller sinon elle se plaindra d'être en retard...
Océane fulmina, pris les épaules satinées de la dormeuse, enserra sa prise et... la secoua comme un prunier bien mûr!...
- Réveillez-vous! Maîtresse! Maîtresse réveillez-vous!
- Quoi encore?
- Vous avez insisté pour être réveillée sans faute à l’aube, comme vous ne répondiez pas à mes appels, j’ai du employer d’autres moyens…
- Je faisais un rêve merveilleux...
Océane eut un regard en biais.
- Je n'en doute pas...
Gabrielle s'étira avec un geste félin qui lui ressemblait bien. Elle regarda Océane d'une étrange façon. Cette dernière ne comprit pas pourquoi et se tendit intérieurement. Se pouvait-il que...
- Fais ma toilette je te prie. Je suis déjà assez en retard.
"Et sa majesté ose se presser après avoir dormi comme une masse... Qu'elle me permette donc cette simple remarque..."
- Maîtresse, permettez que je nettoie ce filet de bave qui pend à vos lèvres.
Gabrielle s'empourpra en sentant le liquide à la commissure de sa bouche. Elle s'essuya d'un revers de main. Son humeur s'assombrit alors et Océane du le supporter tant bien que mal. Elle retira une robe pourpre de la garde-robe de sa maîtresse. Avec une délicatesse calculée, elle enveloppa le tissu sur la peau de Gabrielle une fois que cette dernière ôta la soie qui la drapait pour la nuit. Les doigts d'Océane fermaient les lacets qui ceintraient les courbes de l'Archange de l'Eau. Des lacets noirs en dentelle fine qui prenaient du temps à s'apprivoiser. Océane fit asseoir sa maîtresse. Elle fit glisser une feuille qui déversa un lait doucereux sur sa peau. Puis une lotion. Et enfin un onguent. Gabrielle péférait prendre ses bains le soir venu. Le halot de la lune rafraîchissait sa peau. Océane tira une brosse d'un tiroir qui sertissait le valet de nuit de Gabrielle. Un miroir reflétait la beauté de cette femme splendide et ambitieuse. Apparut à son tour le reflet d'Océane. Toutes deux encadrées dans ce verre lisse, Océane commença à brosser la chevelure de sa supérieure. Des cheveux soyeux qui avaient une odeur marine... Gabrielle gardait un sourire triomphant qu'Océane ne cherchait même pas à interpréter. Les rêves qui l'avaient hantée la nuit précédente résonnaient encore avec effroi dans son esprit. Elle entreprit de tresser une partie des cheveux neigeux de Gabrielle. Elle les rattacha en arrière, ils retombèrent en cascade étincelante. Gabrielle semblait satisfaite.
- Il est l'heure de déjeuner. J'aimerais que tu me tiennes compagnie.
- Il est rare que vous souhaitiez ma présence lors de vos festins.
- Effectivement. Mais cela me ferait plaisir.
Le coeur d'Océane vacilla. Ainsi Gabrielle appréciait sa compagnie?... Une joie effacée par le temps s'empara d'elle.
- Vous m'honorez.
Gabrielle esquissa un sourire bienfaisant qui toucha Océane. Elles s'attablèrent. Des pâtisseries de luxe ornait la longue table que Gabrielle prenait plaisir à dévorer avec appétit. Océane servit le thé pour elles deux. Puis elle s'assit près d'elle. Gabrielle parlait de banalités sans grande importance. A un moment précis, elle fit tomber sa bague par terre.
- Oh, ma bague!...
Océane s'affaissa pour aller l'attraper sous la table. A cet instant prémédité, Gabrielle versa un liquide étrange dans la tasse de sa servante. Océane tendit le bijou avec un sourire innocent.
- Tenez!
Gabrielle jubila intérieurement.
- Merci beaucoup Océane. Que ferais-je sans toi?
Alors c'était certain?... Gabrielle tenait à elle? Sincérement? Malgré son mauvais caractère et ses idées quelque peu hors du commun, elle avait donc du coeur!... Océane se sentit comblée à cet instant. Elle se rassit et plongea ses lèvres dans la tasse offerte si généreusement par... Que se passait-il...? Le thé avait soudain.... un goût étrange...? Ses mains tremblèrent alors... Une sensation déplaisante s'empara d'elle. Gabrielle but une gorgée, les jambes croisées, la regardant sans nulle inquiétude. Le coeur d'Océane accéléra...
"Que m'arrive-t-il?... Pourquoi ne bouge-t-elle pas?..."
L'effroyable vérité s'immisça dans ses pensées... Elle l'avait prévu... Une nausée grandissante l'anéantie... Elle ferma sa paume. Elle avait changé... Elle se contempla... Elle était un homme. Refoulant une larme, elle comprit qu'elle venait de se faire trahir... une nouvelle fois... _________________
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|  | | Gabrielle Volaille intrigante


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 | Sujet: Re: La tour des anges [Privé] Ven 27 Juin - 1:11 | |
| Chapitre 21 : la métamorphose
Gabrielle sirotait avec calme et maitrise des bonnes mœurs son breuvage exempt de la potion de poly-nectar qu’elle avait sut habillement glisser dans la tasse de sa servante, trop naïve sans doute par cette prise à partie théâtrale et peu habituelle à sa table matinale. L’archange de l’eau savait garder ses distances avec son personnel, surtout lorsque celui-ci était féminin ; non pas par pur défit envers une quelconque rivale potentielle, même si elle savait lui accepter le charme et la candeur dont elle faisait cruellement état en sa présence, mais les hommes pour Gabrielle ne présentent en généralement pas de problèmes… Elle eut une pensée fugace pour Draal, l’ange du gel envoyé en mission pour qui elle restait désespérément sans nouvelle, elle haussa de manière perceptible son sourcil gauche...
*Même lui ne serait pas tombé aussi facilement dans mon stratagème. Elle ne peut pas être si bête, c’est une femme…*
Face à elle, Océane tremblait comme une feuille morte, et après cet automne mouvementé qui lui défit son chignon, l’hiver de ses cheveux argentés se raccourcissant sur ses épaules charmantes virait au blond prévenant d’un été en approche. Dans sa belle tenue mauve, son corps en métamorphose tirait sur les coutures et les dentelles immaculées, la pomme mure toute prête à être cueillit offrait la branche de son cou aux regards de l’astromancienne. Les yeux gris azurs, pleuraient presque leurs couleurs changeantes comme la tempête contenue et envoutante qui se déroulait dans sa tête ; les remous et les vagues dans sa tenue chamboulée acquirent des formes nouvelles, abandonnant leurs féminités pour des muscles bien mieux dessinés… Voyant qu’elle était proche de craquer, l’empoisonneuse posa sa main sur ses lèvres peintes avec soin par Océane, comme si le thé qu’on lui avait servi était trop chaud, et elle lui déclara en posant la tasse coupable sur le guéridon.
-« Ne vous mettez donc pas dans tout vos états ma chère… »
Elle sourit et s’arrêtât, comprenant sa bévue lexicale, en rien rassurante et compréhensive de la perdition mentale et psychique de sa servante dans ce corps violé par sa magie, jusqu’au plus profond de son sexe...
-« Je voulais dire, mon cher… prince Färvien ! »
Elle agitait un petit éventail devant sa bouche, mais comme la tête que tirait le soit disant prince dans sa robe mauve bien trop courte pour lui à chercher des seins qui n’étaient plus là , virait proche de la crise de larme ; Gabrielle se dressa enfin de son fauteuil d’orgueil, prit Océane par la main et se positionna derrière elle en face du miroir tout en pied proche de sa commode.
-« Regardes-toi ! »
L’emploi de ce mode familier proscrit par l’étiquette et le contact intime avec Gabrielle contre son dos qui déchirait par endroit la toilette violette, permirent à Océane toujours muette de reprendre de la consistance dans ce corps étrange, elle posa sa main droite sur sa joue et la glace lui rendit son reflet explorateur. Gabrielle tira alors avec douceur et fermeté sur les dernières coutures restantes, et la robe ridicule termina sa course sur le sol atterré. L’archange presque collée à son dos dépourvu d'ailes, glissa alors une main sensuelle sur le corps du faux prince Färvien, dégrafa avec l’habileté d’un homme les sous vêtements d’Océane en faisant couler ses doigts contre ses hanche, la culotte en dentelle mauve également sur le plancher succomba. Océane était nue à présent, et apprivoisait son nouveau corps dans la glace insolente. Le parfum envoutant de la petite pièce cocon, enclavait l’homme nouveau dans sa propre contemplation, et lorsque Gabrielle brisa le lien rétinien que le reflet avait sur son auteur, en face de lui les mains posées sur son torse elle fit son apparition.
-« Océane… »
Et elle l’embrassa sur la bouche… _________________ Fiche de perso'nage Fiche technique |
|  | | Océane Servante Marine


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 | Sujet: Re: La tour des anges [Privé] Mar 1 Juil - 15:32 | |
| Océane trembla comme une feuille d'automne étiolée par le vent... Son âme violée dans ce corps étranger la figeait dans une émotion nouvelle... Elle ferma ses mains. Glissa ses doigts sur son torse désormais privé de poitrine... Son coeur se mit à battre plus fort... Elle reconnaissait le reflet de Färvien dans le miroir qui reflétait ce corps méconnu. Elle l'avait vu en rêve durant la nuit... Une anxiété la convulsa... Pourquoi arborait-elle cette apparence qu'Adiel lui avait révélé?... Pourquoi?...
Dans une moue inexpressive, elle contempla Gabrielle la dévêtir et brusquement, l'embrasser... Une larme roula sur sa joue. Ce corps étrange se galba. Elle sentit un membre masculin prendre du volume. Tétanisée dans un état second, elle plongea dans un état de torpeur l'espace de quelques instants. Ses yeux transpercèrent sa maîtresse tel un acier tranchant qui chercherait à fouiller dans sa chair...
Ses pensées fuyèrent cet acte qui venait de la souiller jusque dans les tréfonds de son être...
Elle songea à Adiel... Imprégnée de cet amour qui pourrait peut-être la sauver de ses tourments...? Adiel... Près de lui... Se perdre dans la magnificience de son aura... Son parfum mystérieux, qu'elle n'arrivait pas à définir... Ce sourire bienveillant qu'il lui avait esquissé dans la pâleur de la nuit... Cette voix qui faisait échos à ce qu'elle avait imaginé... Bercée dans son rêve... Océane ouvrit les yeux. Un liquide chaud et blanchâtre avait coulé sans qu'elle ne s'en rende compte. Elle fut aspergée d'une haine meurtrière, mais ravala ce besoin de meurtre. Elle ravala sa colère, empoigna Gabrielle avec les mains de Färvien. Et la plaqua contre un mur avec des yeux assassins qui intimidèrent sa proie. Cette force ne provenait pas du corps frêle de cet humain, mais d'une colère glaciale qui l'avait habitée autrefois... Gabrielle tressaillit au contact de cette violence qui contenait ses poignets dans un étau de haine. Ces volutes malsaines qui auréaulaient cette apparence désirée la mettaient mal à l'aise... Elle eut du mal à respirer l'espace de quelques battements de coeurs. Un plissement de paupières... Un sentiment de panique qu'elle n'avait encore jamais ressenti... Alors qu'Océane intimidait son bourreau, l'esprit vengeur ; ses pensées voyagèrent...
"Je vais survivre pour toi... je vais supporter cette traîtresse grâce à tout ce que tu m'apportes, Adiel... Je dois tenir bon. Mes jours seront abjects. Mais mes nuits seront douces, si tu parviens à me faire oublier ce passé qui pèse sur mes épaules..."
- Je t'écoute... Gabrielle...
L'archange de l'eau s'enfuit de cette étreinte empreinte d'une folie insoupçonnée. Elle masqua son tremblement en passant une main faussement nonchalente dans sa chevelure quelque peu hérissée. _________________
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|  | | Gabrielle Volaille intrigante


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 | Sujet: Re: La tour des anges [Privé] Mer 2 Juil - 17:18 | |
| Chapitre 22 : Les premiers seront les derniers
S’écartant de la violente, la rose rouge une main en peine contre sa tempe, tempérait le rejet et la haine de la fille océan ; c’était Gabrielle à présent qu’on voyait trembler face à ce vent fracassé contre son corps et ses poignets chargés d’orfèvres, de regards plein de peines et d’incroyables monstruosités dans le ton employé qui heurtait comme l’écume sur la grève naissante, le pavillon de son oreille rose de honte. Elle fit courir jusqu’à son cou blafard et battante carotide cette main parkinsonienne, les yeux de sa servante restaient identiques à chacun de ses mouvements aqueux, mué par un courant invisible qui la mura interdite un moment devant la commode en bois peint. Son autre se posa alors sur les ciselures de l’ouvrage rassurant par son contact inanimé, Gabrielle mesurait t’elle alors l’ampleur de sa débâcle sectatrice, à vouloir faire d’un homme nouveau son jouet habituel, elle restait spectatrice face à la nudité devenue presque gênante du méta-morphe bandant. Ce rejet, cette haine inscrite au plus profond de son cœur de verre, qu’elle cachait à double tour dans des caves gelées, les plus sombres des recoins de son âme concupiscente, cette recherche de passion à tout prix, à tout corps, sans penser à l’amour qui la faisait tant souffrir, et dont elle se protéger par le luxe à l’usure, la luxure qui ne rêve plus de demain que dans la vision future d’un univers bien à elle, ou elle en serait la reine, l’arène de sa passion coupable pour le sexe et le drame, inceste qui l’avait poussée dans les bras d’Océane comme le ver jeté en mer accroché à un hameçon d’argent promesse du baiser mortel d’un poisson, poison dans ses veines cacochymes exécutant lentement son ouvre… Ce rejet donc disais-je n’était pas sans lui rappeler celui d’Adiel.
Une larme unique et horrible perla alors pour figurer sa peine, maltraitant ainsi le travail de maquillage pour venir s’écraser sur le sol, elle détourna en cette simple note sa nuque dégagée, et s’accroupit en face du meuble comme pour devenir petite fille jouant à cache-cache en se demandant si dans l’un des tiroirs elle ne pourrait entrer. Elle en sortit alors un ensemble jonquille et dentelle, des collants et une paire de brodequins bruns qu’elle avait prévue pour l’occasion. Elle n’avait toujours pas dit un mot, les maux précieux étaient encore coincés dans sa petite gorge étranglée par le bijou serpentaire, véritable rubis mouvant qui brillait toujours d’une manière inquiétante, contrastant avec le calme attristé et difficilement feint qu’elle offrait aux yeux marins. Les rôles semblaient délicieusement échangés, Gabrielle parait le faux flasque Färvien de ses nouveaux atours jonquille ; ce dernier partagé entre sa haine d’avoir été trahit, et la surprise d’avoir vu sa maitresse pleurer, enfilait les dentelles sans mauvaise grâce mais avec beaucoup de ressentiments qui plombaient la pièce aérée. Devant le miroir, c’était Gabrielle qui coiffait sa servante, passant avec attention le peigne d’argent dans ses nouveaux cheveux blonds irisés, hérissés à son contact familier mais appliqué à ne pas toucher son épiderme, mais juste ses phanères dorés. Puis lorsque ce silence fût insupportable pour elle, elle commençât d’une voix monocorde.
-« Océane, je suis désolée d’avoir eut à employer cette artifice, mais j’ai besoin de vous pour une mission cruciale que je ne me voyais confier à aucun autre ange de ce paradis perdus, et je ne voulais pas essuyer de vous un refus… »
Océane haussa un sourcil très Färviennesque dans le reflet de la lune-miroir, on sentait qu’elle allait encore s’agiter, lorsque Gabrielle posant le peigne sur la table devant elle.
-« Vous avez l’apparence du prince Färvien, votre tâche est de vous faire passer pour lui dans Tyllen, afin d’infiltrer ces rues qui un jour bientôt seront miennes… »
C’était une marque de confiance inouïe pour Océane que sa maitresse se livre ainsi, elle comprenait implicitement l’intérêt de sa position nouvelle face à l’archange avec qui elle n’avait entretenue jusqu’alors que des relations de bassesses.
-« Je n’ai confiance qu’en vous, petite ange de la mer… »
Il y avait dans cette phrase dernière, l’écho et l'accent métronome du dragon inquiétant qui se faisait appeler Léviathan. Puis singulièrement la curieuse oppression s’échappa, et Gabrielle seule et comme si de rien n'était continua.
-« Bien levez vous à présent, et montrez moi si vous avez compris, comment un prince bouge, s’exprime, et vit ! »
Le visage d’Océane s’était calmé, et derrière le masque de Färvien, Gabrielle comprit que depuis le début du matin, elle venait enfin de marquer avec elle son premier point.
-« Plus naïf le regard, l’intelligence et l’esprit n’ont pas lieu à la cour… »
Le prince pissenlit et l’archange rouge s’échangèrent alors un sourire tour à tour. _________________ Fiche de perso'nage Fiche technique |
|  | | Océane Servante Marine


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 | Sujet: Re: La tour des anges [Privé] Ven 4 Juil - 18:13 | |
| Assise devant ce miroir qui reflétait ce visage masculin, Océane ressentit la douceur des mains de Gabrielle passer un fin peigne d'argent dans ses cheveux dorés bien trop courts pour elle. Ses lèvres entrouvertes, elle écouta les paroles de l'archange.
- Océane, je suis désolée d’avoir eu à employer cet artifice, mais j’ai besoin de vous pour une mission cruciale que je ne me voyais confier à aucun autre ange de ce paradis perdu, et je ne voulais pas essuyer de vous un refus…
Océane sourcilla. Elle espérait cacher son trouble de cette manière... Finalement, Gabrielle lui ressemblait... Ce chagrin dissimulé... S'était-elle trompée? Gabrielle semblait souffrir de quelque chose qu'elle n'arrivait pas à définir... Comme un sentiment... de donner sans rien avoir en retour?...
- Vous avez l’apparence du prince Färvien, votre tâche est de vous faire passer pour lui dans Tyllen, afin d’infiltrer ces rues qui un jour bientôt seront miennes… Océane comprit la démarche de sa maîtresse. Et puis, cette façon d'expliquer, non, d'imposer ses ambitions... Au cas où elle aurait refusé... Bien sûr qu'elle aurait refusé... Elle aurait même aimé lui faire boire de force... Pour voir sa tête ensuite... Quoique, dans sa perversité... Et puis... oui, elle serait anéantie... forcément... Ensuite, il faudrait acheter des vêtements neufs... Et qui devrait s'en charger encore une fois?...
- Attendez. Que se passera-t-il si je croise le vrai Prince Färvien?
- Cela n'arrivera pas. Vous ne rencontrerez aucun problème.
Peu convaincue, Océane laissa à Gabrielle le soin d'ajuster sa dernière manche.
- Bien...
Dans un mouvement de tête, Océane sortit de sa réflexion. Il fallait qu'elle se conduise comme son modèle. Apparemment, le Prince Färvien avait un sourire de benet qu'elle avait du mal à esquisser. Elle eut un rictus ridicule pour imiter cette expression étrangère à ses habitudes. Gabrielle eut un petit rire cristallin. Océane bredouilla quelque chose.
- Ah oui, là tu lui ressembles un peu!
Océane esquissa un faible sourire. Elle voyait quel genre de personne était le Prince. Elle trébucha volontairement.
- Et là, ça lui ressemble?
- N'en fais pas trop tout de même!...
Gabrielle essuya une larme de rire au coin de son oeil aux cils finement maquillés. Dumoins ce qu'il en restait. Océane admira soudain sa maîtresse. Elle semblait forte. Mais en réalité, la séduction était sa seule arme. Elle le comprenait brusquement. Une femme vulnérable qui avait dû souffrir plus que de raison... Elle gasouilla :
- Et si j'emploie un langage familier avec des répliques dépourvues d'intelligence, vous pensez qu'on me croira plus facilement?
- Très certainement Océane.
- Enregistré. C'est parti!...
Elle replia son avant-bras avec un héroïsme calculé et gémit faussement :
- Oh, je le suis fait une tendinite!
Gabrielle pouffa de rire.
- Océane, tu en fais trop!
La servante sourit. Elle escomptait bien décocher un sourire à sa supérieure. _________________
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|  | | Gabrielle Volaille intrigante


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 | Sujet: Re: La tour des anges [Privé] Lun 7 Juil - 9:25 | |
| Chapitre 23 : La rose rouge et la jonquille
La tension avait reculée d’un cran, et c’est dans une ambiance bonne enfant que Gabrielle présenta paume ouverte un petit orbe transparent et beau qu’elle avait retiré de son secrétaire à l’aide d’une des nombreuse clés qu’elle comptait dans les recoins de sa tenue coquelicot. Le faux prince Färvien attiré par ce joyau de simplicité, le prit enfin dans sa main gantée afin de mieux apprivoiser sa profondeur d’un œil qui paraissait abusé. Ce dernier s’échappa enfin à sa contemplation dans un léger sursaut, lorsque l’archange de l’eau en expliqua la raison.
-« Ceci est un artefact facile à transporter, qui permet en quelques mots de pouvoir communiquer avec moi sans défauts… »
Comme par magie dans sa main, se trouvait maintenant le jumeau de l’orbe souverain.
-« Il suffit de vous mettre à l’écarts des oreilles et des murs, et d’un seul hélant, déclarer d’un ton sûr… »
Elle toussa élégamment, avant de pouvoir enchainer librement.
-« Boule de cristal magique, orbe des maléfices, que mon être communique avec l’archange Gabrielle ! »
Il y eut un profond silence dans la chambre de l’élémentariste.
-« Oui, bon… Il faudra un jour que je songe à en changer l’incipit ! »
Après un léger éclat de rire, Gabrielle sa servante princière sortirent de la pièce pour descendre l’escalier de colimaçon qui encerclait toute la construction de la tour des anges. Elles arrivèrent enfin au sellier, et c’est à ce moment là que l’archange ne vit pas derrière elle l’appréhension d’océane pour la porte cochère qui conduisait dans les sous bassement de la tour prisonnière, où un archange raréfié tenait son entrepôt dans la glace… Adiel mit au frigo.
…
Elles sortirent donc en saluant au passage les deux anges gardiens qui se mirent au garde-à-vous devant le couple détonnant. Gabrielle en était sûre, les murmures derrière elles, conteraient déjà l’exploit de son nouvel amant.
*Hélas, ce n’est qu’un faux… une copie, un vulgaire Picasso.*
La rose et la jonquille passèrent la place galante, pleines de courtoisies pour l’archange, elle s’arrêtât un instant avec le faux prince devant le tribunal militaile où elles croisèrent Uriel qui débutait sa journée en appel. Ses ailes d’or métalliques étaient splendeur dans le soleil naissant, il tenait sous ses bras divers rouleaux de lois.
-« Vous êtes bien matinale, Gabrielle… »
Puis après avoir regardé l’humain au goût plus qu’incertains, il lui chuchotât d’une manière qui se voulait trop peu discrète…
- « Encore une quelconque affaire vénale, dont vous voudriez gâter ce ciel ? »
Il lui fit un clin d’œil polisson, pour un grand-père c’était vraiment mignon. Gabrielle ne s’empourpra point d’aucune façon.
-« Que nenni Uriel, ceci est une visite protocolaire… »
Puis en montrant Océane.
-« Le prince Färvien nous fait le plaisir de sa visite au planétin ! »
Océane sous les traits du bambin, effectua un salut très scolaire. Un éclair transperça la terre, et l’archange du litige, passa ses yeux de Färvien à Gabrielle comme pour chercher l’erreur de jugement qu’il avait commise face à ce précieux mielleux.
-« Le prince qui gouverne Tyllen… »
*Qui un jour sera mienne !*
-« J’espère que la visite vous à plut ! »
*Comme un déluge…*
-« Et donc vous avez rencontré la grande Gabrielle ! »
*Une armée d’un millier d’ailes !*
-« Et entre nous, qu’elles sont ses exactes mensurations ?*
*Je le manipule comme un pion… QUOIIIII !!!*
-« Objection votre honneur ! »
Une trompe d’eau partant de la paume de Gabrielle, fit décoller l’archange de la terre dans l’air au dessus de son tribunal nommé l’enfer. Il retomba en quelques mouvements d’ailes avec un sourire aux lèvres.
-« Je vois que le prince Färvien, à un excellent avocat ! »
Il réussit tout de même à faire décocher à Gabrielle un sourire, puis ils prirent congés.
…
Arrivée enfin aux limites du planétin, l’archange scrutait la ville en dessous et la mer qui créait ses remous et ses voiles marines, ses pirates et ses quilles. La vue était superbe, le faux prince Färvien contempla les domaines qui se perdaient au loin, les champs de carottes, les bourgades et les… machin de guerre des orks voisins.
-« Que c’est beau ! »
Gabrielle avait le vent en coupe, ses cheveux de miel et bouclés comme la cire jouaient avec des abeilles inexistante à cette hauteur, elle soupira…
-« La terre est si belle, surtout lorsque l’on n’en possède pas.. »
Il y avait de la beauté dans cette affirmation, qui passait presque comme une confession involontaire, un laisser aller de la prophétesse devant ce spectacle de nature et de riches cultures. Puis plus pratique, se retournant vers Océane.
-« Tu es humain maintenant, pour descendre en bas, guides toi à mes pas… »
Lui prenant la main, elle lui fit peur un instant en l’entrainant avec elle dans le gouffre souverain, mais un nuage coquin était là pour le poser de leurs pieds incertains. Elles marchèrent et glissèrent un long moment d’un nuage à l’autre ; l’aptitude au contrôle de ces formes cotonneuses et gorgées d'eau par Gabrielle rendit le voyage des plus agréables.
…
Puis après un long moment, Tyllen surgit enfin à l’horizon…
[HRP : suite pour Gabrielle dans : Les chroniques de la femme araignée dans la forêt maudite]  _________________ Fiche de perso'nage Fiche technique |
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